La Financière de Champlain, anciennement Hera Finance, a été co-créée par son principal gérant Jean-François Descaves, un ancien de Ferry. La société de gestion s’est distinguée il y a quelques année par les belles performance du fonds “Performance Avenir” puis par un des premiers fonds investis sur le thème de l’environnement “Performance Environnement.”
Les deux dernières années ont été très difficiles pour cette thématique après prés de 3 ans d’amour pour les valeurs vertes par les investisseurs.
Voici un point sur les deux premiers mois du secteur Environnement et les perspectives pour le futur.
Ce texte a été écrit totalement par La Financière de Champlain:
“… la Chine est leader avec plus de 198 milliards d’investissements verts…
Valeurs vertes : vers une nouvelle segmentation du marché ?
Le début de l’exercice 2009 a été marqué par le maintien d’un niveau de volatilité élevé. Après un vif rebond, le marché a connu un retournement, notamment lié à la dégradation des prévisions macro-économiques (PIB mondial estimé à +0,5% en 2009 contre +2,2% initialement prévue par le FMI) et à une série de perspectives négatives sur les valeurs cycliques et financières. La multiplication des annonces de plans de relance n’a eu à ce jour que peu d’impact, limitant la visibilité à court terme sur les marchés. Toutes mesures visant à améliorer la visibilité sur l’état des bilans des banques sera un signal fort de retour sur les marchés, mais à ce jour le secteur bancaire reste dans un état de délabrement qui réduit l’espoir de retour immédiat à la stabilité et à la confiance.
Dans ce contexte, les valeurs de l’environnement et de la santé ont globalement mieux résisté. La question du financement, qui a pesé sur les valeurs de l’environnement, en 2008, continue à se poser en 2009 pour une certaine typologie d’acteurs alors que pour d’autres, l’accès au crédit ne constitue plus un problème majeur.
Une nouvelle segmentation du marché semble aujourd’hui se mettre en place :
- Les sociétés jeunes ou de petite taille éprouvent, en raison de leur moindre visibilité, de plus en plus de difficultés à accéder aux financements traditionnels à un coût acceptable. C’est le cas notamment de petits acteurs français (Cervin, Théolia…) et de certains acteurs chinois du solaire (JA Solar, China Sun Energy, Yingli) dont les introductions en bourse sont récentes.
- Les entreprises situées en amont de la filière : fournisseurs de panneaux solaires, producteurs de turbines éoliennes notamment. Ces sociétés souffrent d’un gonflement des stocks lié au décalage de certains projets et d’une baisse de leur pouvoir de négociation. Nous restons très prudent sur ce segment et concentrés sur les leaders technologiques qui maîtrise leur « pricing power ».
- Les « utilities vertes » (exploitants) constituent aujourd’hui les plus fortes pondérations de nos portefeuilles. En effet, leurs business models demeurent très solides avec une génération de cash garantie par les installations existantes et la protection des tarifs par les règlementations. Dans un scénario déflationniste, la génération de cash est un point primordial. Dans l’hypothèse où ces sociétés ralentiraient leurs investissements en 2009, leur rentabilité à court terme n’en serait que meilleure. EDF Energies Nouvelles en France, Iberdrola Renovables en Espagne et EDP Renovaveis au Portugal figurent parmi nos favoris.
Fin 2008, nous nous sommes recentrés sur les valeurs offrant une « croissance défensive », ce qui devrait contribuer à une évolution plus favorable, confirmée ce début d’année. Plus que jamais, en 2009, investir dans l’environnement requiert prudence et sélectivité. Tout l’enjeu est de profiter d’un timing qui a rarement été aussi favorable au secteur tout en évitant les risques évoqués ci-dessus. En effet,
- Les niveaux de valorisation n’intègrent pas la croissance potentielle de l’activité dans les années à venir ! Les dernières publications de Seché Environnement et EDF Energies Nouvelles sont particulièrement rassurantes à cet égard…
- Les publications de résultats de nos valeurs sont, et devraient rester à l’avenir conformes, voir supérieurs aux attentes. Vous le savez désormais, il est difficile en effet d’envisager l’arbitrage de problématiques vitales (eau, énergie, déchets) en faveur de secteurs qui ne le sont pas. Ce constat est logique pour des consommateurs mais l’est également pour des Etats, garants de la stabilité et du bien-être des populations.
- L’attrait spéculatif du secteur est lié aux concentrations prévisibles dans le contexte de crise économique. Dernier en date, le rachat en cours d’Endesa par Enel…
- La détermination des politiques à faire de l’environnement un pilier de la relance économique et de la création d’emplois et à préserver leur indépendance énergétique a été réaffirmée. En volume, la Chine est leader avec plus de 198 milliards d’investissements verts. C’est par ailleurs le pays dont les entreprises devraient le plus profiter des investissements verts dans les prochains mois. Les Etats-Unis arrivent en deuxième position, avec 13,7 milliards dans le cadre du premier plan d’urgence adopté sous l’ère Bush, et surtout plus de 128 milliards dans le cadre du plan Obama. La France va pour sa part mettre sur la table 2,8 milliards de dollars, soit 8% de son plan de relance de 33 milliards de dollars présenté en 2008 (26 milliards d’euros). Outre cette manne d’argent public, les cleantech devraient profiter du renforcement de la législation contre le réchauffement climatique. (250 nouvelles réglementations mises en place depuis juillet 2008). Et le mouvement ne devrait pas se relâcher. La réglementation et les mesures de soutien des gouvernements apporteront une aide cruciale aux cleantech pour surmonter la crise économique actuelle et les difficultés à trouver des financements .
Malgré l’amplification de la crise financière et l’émergence d’une crise sociale, l’environnement reste une priorité de long terme. Nous demeurons cependant extrêmement prudents dans le contexte de marché actuel et maintenons notre positionnement défensif.
Nos plus fortes convictions OPCVM se portent en 2009 sur Performance Environnement International, Performance Vitae, et Champlain Sérénité.”
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