Pandémie de Grippe A (H1N1), quel scénario pour vos placements ?

H1N1
Alors que le cap des 100.000 cas de grippe A (H1N1) dans le monde a été passé selon l’OMS, la France vient de commander 128 millions de doses de vaccins (dont 94 millions fermes) pour un montant de 1 milliard d’euros. Cependant selon les experts, il suffit de vacciner une personne sur deux pour stopper la pandémie.
Quelles peuvent être les conséquences sur l’économie ?
Les Hypothèses ?
Oxford Economics a sorti une étude sur le sujet avec comme hypothèse 30% de contaminés, un taux de mortalité de 0,4% et une durée de la pandémie de 6 mois.
Selon les observations en Angleterre le taux de 0,4% un un peu élevé et serait plus proche de 0,1%.
Les impact sur le PIB ?
Les USA seraient les plus impactés (vu que la source de la pandémie est en Amérique du nord) avec une baisse de prés de 5% du PIB, l’Euro zone étant impactée d’une baisse supplémentaire de 3% du PIB.
Quels secteurs risquent de souffrir ?
Les secteurs les plus touchés seraient les biens et services non essentiels dont le tourisme, la restauration, les concerts qui subiraient une crise très aigue ! Pendant le SRARS en Asie, les voyages internationaux vers l’Asie ont chuté de 60%, or la grippe A n’est pas localisée qu’à un continent. Pour aller plus loin un article de esaffaires.com.
Outre le producteur de masque Spérian protection (ex. Bacou) et les sociétés de science de la vie telles Roche, Sanofi…les acteurs pouvant s’en sortir seraient les producteur d’ordinateur tel DELL, les FAI (fournisseurs d’accès à Internet), les Telecom, les site de e-commerces…dont les Cyper-hypermarchés…les producteur d’installation de Visio-conférence…
Quid de l’inflation ?
Alors que le retour de l’inflation n’est pas d’actualité et même avec l’effet de base sur le pétrole ( 140 USD en juillet 2008 et 70 USD en juillet 2009), celle ne décolerait encore moins vu la faiblesse de la demande.
L’inflation serait ainsi au planché pour longtemps. Le pire étant si la pandémie dure, car si dans un premier temps les prix seraient protégés par les contrats négociés dans le passés les nouveaux risquent de se nouer à des prix beaucoup plus bas et le spectre de la désinflation serait aux aguets.
Or la désinflation est catastrophique vu que le prix de vos actifs réels baisse ! Un propriétaire immobilier ayant emprunter doit rembourser le même montant et d’une part la valorisation de son bien baisse et d’autre part le loyer qu’il perçoit risque lui aussi de chuter !
Qu’en pense Bercy ?
La Direction générale du Trésor et de la politique économique (DGTPE) travaille sur des scénarios, mais reste assez discrets sur les conclusions. Il est vrai que les hypothéses peuvent être multiples donc les résultats farfelus !
Quels impacts sur vos placements ?
Scénario 1: Pandémie de Grippe A du virus connu avec des vaccins efficaces.
Dans cette hypothèse la pandémie devrait être de courte durée. Ainsi l’inflation resterait sous les 1% voir à 0,5% jusqu’en 2010 voir 2011 dans la zone euro.
Le Livret A même à 1,25% resterait le placement à privilégier, tout comme les Emprunts type EDF 4,5% 2014 et les fonds obligataires à échéance dont nous avons déjà parlé.. L’objectif est d’investir dans des placements à horizon pas trop long et qui propose des rendements connus et dont l’émetteur est une entreprise stratégique pour l’Etat.
Les actions souffriraient de cette situation non pas directement par le peu d’inflation, mais par la faiblesse de la demande. Les entreprises pouvant maintenir leur marge et volumes seraient les plus prisées car la faible inflation rendrait leur rendement (dividende) très attractif.
Scénario 2: Pandémie de Grippe A’ du virus connu ayant muté.
Le monde entrerait dans un cycle de déflation sensible. Alors que l’or est corrélé positivement avec l’inflation, l’or ne baisserait pas car jouerait un rôle de placement refuge tout comme les obligations d’Etat.
Les petites sociétés de gestion ayant peu de gérants ou manquant de processus de gestion risquent de souffrir d’une absent, au moins temporaire, du pilote de leur fonds ! Par contre dans tous les cas, les réunions avec les entreprises risquent d’être suspendus donc il sera très difficile de gérer à distance. Plusieurs gérants se préparent à ces risques, à lire dans le WS Technology.
Le blog come4news décrypte les opportunités et risques de la désinflation. Comme l’explique le billet, une désinflation qui dure devient une déflation et les effets positifs du début (augmentation du pouvoir d’achat) laissent la place par la suite à d’horribles conséquences, chute des prix donc baisse des marge, chômage, baisse de la consommation, chute de la croissance…
Mais le pire n’est par certain !
[...] Pandémie de Grippe A (H1N1), quel scénario pour vos placements ?veilleplacements.fr/analyse-et-conjoncture/pandemie-de-gripp… par niroba il y a quelques secondes [...]
[...] Dans un article de juillet 2009 nous avions abordé les conséquences possible de la grippe A sur vos placements. Un expert donne son avis des Les Echos. Dans un article de JULIEN POMPEY, Mathias Matallah, président de cabinet de conseil spécialisé en économie de la santé, aborde les conséquences économiques de la grippe A (H1N1) et dénonce l’attitude des autorités françaises. Quels seraient les effets d’une pandémie de grippe A (H1N1) au niveau économique ? Mathias Matallah : Selon une étude d’un institut anglais, une pandémie pourrait se solder par une baisse du PIB de l’ordre de 5%. Cette étude est complètement fantaisiste, elle s’appuie sur un scénario ultra-pessimiste de grippe espagnole, qui ne peut se reproduire. La grippe A (H1N1) n’est ni extraordinaire, ni dangereuse pour la santé publique, il faut arrêter de faire monter la mayonnaise. Il y a une chance sur un milliard qu’elle se transforme en grippe espagnole… En 2005, le SRAS est passé sans faire trop de vague parce qu’on était dans un contexte économique favorable et très actif. Dans le contexte de crise actuel, la grippe A va aggraver la récession. Mais c’est la psychose que nous sommes en train de créer qui va avoir des conséquences économiques, et pas la grippe en elle-même. Il va y avoir un effet boule de neige. Dans ce cas, quels seraient les secteurs économiques les plus touchés ? Si la psychose se poursuit comme nous sommes en train de la créer, certains secteurs spécifiques vont être sérieusement touchés, comme le secteur des transports aériens, qui est déjà bien malade. Un certain nombre de compagnies aériennes ne vont pas s’en relever. Le tourisme sera également impacté, mais dans une moindre mesure, le gros de l’été étant passé. Il va également y avoir des répercussions sur les transports en général. Et si les gens ne se déplacent plus, ils ne consomment plus. Donc la restauration, la grande distribution, le commerce, ou encore certains secteurs industriels peuvent être touchés, bien au-delà de l’absentéisme. Mais je ne pense pas que les services, les banques… ressentiront les effets de la psychose entourant la grippe A. A contrario, à qui profite la grippe A (H1N1) ? Elle profite à quelques entreprises, à commencer par les grands laboratoires. Comme à chaque menace de pandémie, réelle ou pas, les laboratoires en tirent grandement profit. La France a ainsi commandé 94 millions de vaccins anti-grippe pour un montant proche d’un milliard d’euros. Le pire, c’est que ces vaccins ne seront pas livrés avant octobre, et qu’ils ne serviront donc à rien. De manière plus générale, c’est toute la branche médicale qui profite de la grippe A. Que pensez-vous des déclarations du ministre de l’Education, Luc Chatel, évoquant la fermeture d’établissements scolaires en cas de pandémie grippale ? Les déclarations du ministre de l’Education relèvent plus de la politique spectacle. Je ne comprends pas pourquoi le gouvernement communique ainsi. J’avais l’impression que les déclarations de Bernard Debré avaient mis les choses au clair, que l’été allait faire retomber le sujet. Mais la volonté du gouvernement de meubler, de montrer qu’il ne dort jamais ou qu’il n’était pas en vacances, de réaffirmer son côté hyperactif… tout cela a relancé de plus belle la psychose autour de la grippe A au lieu de rassurer. Cette communication est faite sciemment par Roselyne Bachelot et le gouvernement, mais je ne vois pas l’intérêt. Il y a des pays beaucoup plus touchés que la France, comme le Royaume-Uni et ses 5.000 cas. Mais la tonalité du gouvernement est complètement différente. Ils font preuve de beaucoup plus de sang-froid que nous, ils ne sont pas alarmistes et surtout ils se sont rendus compte que la grippe A n’était pas dangereuse. Le gouvernement français met en avant le principe de précaution… Il y a une exacerbation de ce fameux principe de précaution, qui est désormais devenu une véritable règle politique à laquelle on ne peut déroger. Mais là, on arrive au stade paroxystique de l’application de ce principe. Au point que ça en devient ridicule. [...]